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Edyssée — études et applications

Enquête de stationnement vélo

Un arceau saturé devant la gare et un abri vide à trois cents mètres décrivent la même offre dans un inventaire, et deux situations opposées sur le terrain. L'enquête de stationnement vélo mesure l'usage réel d'une offre que l'on connaît souvent mieux sur le papier qu'en pratique.

De quoi parle-t-on

L'obligation de créer du stationnement vélo s'est accumulée plus vite que sa mesure : la loi d'orientation des mobilités impose des places dans les gares et les pôles d'échanges, le code de la construction en impose dans les bâtiments neufs et les rénovations importantes, et les collectivités doivent recenser leur offre dans la base nationale du stationnement cyclable. Ces textes disent combien de places installer. Aucun ne dit si elles servent.

La méthode est celle de l'enquête de stationnement automobile : parcourir un périmètre à intervalles réguliers, relever ce qui est stationné, recommencer. Ce qui change, c'est ce qu'on relève et ce qu'on peut en conclure.

Le problème concret

Trois questions reviennent, et aucune ne se répond depuis un bureau. L'offre est-elle saturée, ou mal répartie ? Les vélos stationnés hors des équipements le sont-ils par manque de place ou par commodité — un poteau devant la boulangerie sera toujours préféré à un abri à deux cents mètres. Et quelle part des arceaux est occupée en permanence par des vélos qui ne bougent plus ?

Cette dernière question est la plus coûteuse. Dans un parc saturé, les vélos abandonnés ne se voient pas : ils ressemblent à un usage. Les distinguer suppose de revenir, plusieurs fois, et de reconnaître le même vélo d'un passage à l'autre.

Les données nécessaires

  • Un inventaire de l'offre : arceaux, râteliers, abris couverts, consignes et box sécurisés, avec pour chacun sa capacité et son type. La typologie vélo est une place spécifique au même titre que PMR, livraison ou électrique.
  • Les emplacements sans offre : mobilier urbain, barrières, poteaux et façades où le stationnement s'installe faute de mieux. Tout vélo y est compté comme stationnement hors emplacement.
  • Les passages : une journée découpée en horaires, un relevé par équipement et par passage.
  • Pour la rotation et les durées, une description normalisée de chaque vélo et sa photographie, qui tiennent lieu d'identifiant.

Le périmètre se prépare comme celui d'une enquête automobile, et peut venir d'un fichier SIG au format GeoPackage.

Comment se déroule l'étude

  1. Le périmètre est défini avec vous, équipements et emplacements sans offre compris.
  2. L'offre est inventoriée équipement par équipement, avec sa capacité constatée.
  3. Les enquêteurs relèvent, passage par passage, les vélos présents sur chaque équipement.
  4. Les relevés sont saisis, contrôlés et analysés par nos soins.
  5. Vous recevez le rapport, les cartes, les tableaux Excel et les couches SIG, et l'espace client pour les consulter.

Les analyses produites

  • Taux d'occupation par équipement et par créneau, rapporté à la capacité réelle.
  • Saturation locale : les équipements pleins alors que l'offre voisine reste disponible — c'est ce qui distingue un manque de places d'un défaut d'implantation.
  • Stationnement hors équipement : ce qui s'attache ailleurs, et où.
  • Durées observées en nombre de passages, qui séparent le stationnement de courte durée des vélos immobiles sur toute la journée.
  • Carte de l'inventaire : l'offre et son usage sur le périmètre réel.

Reconnaître un vélo d'un passage à l'autre

Un vélo n'a pas de plaque, et c'est la première objection qu'on entend : la rotation serait donc hors de portée. Elle ne l'est pas. Elle se mesure avec une fiche descriptive normalisée — type de cadre, couleur dominante, accessoires distinctifs, état, emplacement précis sur l'équipement — complétée d'une photographie. Le rapprochement entre passages se fait ensuite sur cette description comme il se ferait sur une immatriculation.

La méthode a été employée en conditions réelles, et elle a produit des rotations et des durées de même nature que celles d'une enquête automobile. Ce qu'elle coûte, c'est du temps : décrire et photographier un vélo prend plus longtemps que lire cinq caractères, ce qui limite le nombre d'équipements couverts par un même passage. Le dimensionnement de l'enquête doit en tenir compte dès le devis.

Dans l'analyse, l'identifiant du véhicule est un champ libre : une description normalisée y tient la place d'une plaque, et tout le calcul de rotation, de durée et de ventouses s'applique sans changement. Les photographies, elles, restent dans les fichiers de l'équipe de terrain — elles ne sont pas rattachées aujourd'hui au relevé.

Le marquage obligatoire depuis 2021 apporte un identifiant unique, mais il est apposé sur le cadre et rarement lisible sans se baisser : il n'accélère pas un relevé au passage.

Contrôles et limites

La reconnaissance visuelle se dégrade là où le parc est dense et homogène : une station de vélos en libre-service, une rangée de cinquante cadres identiques. Sur ces équipements, la description doit s'appuyer sur la position et non sur l'apparence, ou l'on renonce à la rotation pour ne garder que l'occupation.

La capacité annoncée d'un équipement et sa capacité réelle diffèrent souvent : un râtelier de dix places accueille six vélos dès que les premiers sont mal rangés ou que les guidons se gênent. L'inventaire doit noter la capacité constatée, pas celle du catalogue.

Enfin, un vélo immobile toute la journée d'enquête n'est pas nécessairement une épave. Le constat d'abandon relève d'une procédure distincte, avec ses propres délais, que l'enquête ne remplace pas — elle repère les emplacements à vérifier.

Questions fréquentes

Faut-il compter en places ou en vélos ?

En vélos, et rapporter à la capacité constatée de l'équipement. Compter en places suppose que chacune soit occupée par un vélo et un seul, ce qui n'est presque jamais le cas.

Peut-on mesurer la rotation sans immatriculation ?

Oui. La description normalisée et la photographie tiennent lieu d'identifiant, et le calcul est le même que pour un véhicule immatriculé. Le relevé est simplement plus lent par vélo, ce qui se répercute sur le nombre d'équipements par passage.

Peut-on enquêter le vélo et la voiture dans le même relevé ?

Oui, et c'est souvent ce que demande le commanditaire : le vélo est une typologie de place spécifique dans l'inventaire, au même titre que les autres. Voir Enquête de stationnement.

L'enquête alimente-t-elle la base nationale du stationnement cyclable ?

L'inventaire produit décrit l'offre équipement par équipement et s'exporte en couches cartographiques ; sa mise au format de la base nationale reste un travail de reprise, qui n'est pas fait à ce jour.

Métiers voisins

Le stationnement vélo se lit avec le reste de la voirie : l'enquête de stationnement donne l'usage automobile du même périmètre, et le comptage mesure les flux cyclables qui alimentent ces équipements.