Remontée de file
Un carrefour saturé et un carrefour chargé se ressemblent dans un comptage : le même nombre de véhicules y passe. Ce qui les distingue, c'est la file qui attend. La remontée de file mesure cette attente sur le terrain, au lieu de la déduire d'un modèle.
De quoi parle-t-on
Un enquêteur placé en vue d'une approche note, à intervalles réguliers, jusqu'où remonte la file de véhicules arrêtés. Le relevé s'appuie sur des repères physiques choisis avant l'enquête — un passage piéton, un candélabre, l'entrée d'un commerce — dont la distance à la ligne d'arrêt est mesurée une fois pour toutes.
Le problème concret
Sans repères préparés, la longueur de file est estimée à vue, et l'estimation varie d'un enquêteur à l'autre bien plus que le phénomène observé. Reportée en mètres dans un tableur, cette approximation prend ensuite l'apparence d'une mesure. Le résultat est un chiffre précis dont personne ne peut dire ce qu'il vaut.
Les données nécessaires
- Le tracé de chaque approche enquêtée, depuis la ligne d'arrêt.
- Les repères placés le long de l'approche et leur distance à la ligne d'arrêt.
- La longueur occupée par véhicule, qui convertit une distance en un nombre de véhicules en attente.
- Les relevés au quart d'heure sur les plages de pointe.
Le parcours dans l'outil
- Dessiner l'approche et placer ses repères sur la carte.
- Régler la longueur occupée par véhicule.
- Éditer la fiche terrain, qui liste les repères dans l'ordre où l'enquêteur les voit.
- Saisir les relevés : pour chaque quart d'heure, le repère atteint par la file.
- Lire les résultats et éditer la planche de synthèse.
Les analyses produites
- Maximum de chaque quart d'heure par approche : la file la plus longue observée dans l'intervalle, qui est la grandeur qui dimensionne un stockage.
- Longueur de file exprimée en mètres et convertie en nombre de véhicules.
- Comparaison entre approches d'un même carrefour, pour distinguer une branche saturée d'un carrefour saturé.
- Planche de synthèse destinée au client, accompagnée d'un document interne détaillant chaque quart d'heure.
Contrôles et limites
Une file plus longue que la dernière approche dessinée ne peut pas être mesurée : elle est relevée comme atteignant le dernier repère, et l'enquête sous-estime alors la saturation. C'est une limite de la méthode, pas du calcul : elle se traite en préparant des approches assez longues, ce qui se décide avant l'enquête.
La conversion en véhicules dépend de la longueur retenue par véhicule, qui est une convention : elle est affichée avec le résultat plutôt que cachée dans le calcul.
Questions fréquentes
Faut-il avoir réalisé un comptage sur le même carrefour ?
Non. Une enquête de remontée de file se conduit seule, sans comptage de référence. Les deux se complètent quand ils existent, mais l'un n'est pas la condition de l'autre.
Pourquoi retenir le maximum du quart d'heure et non la moyenne ?
Parce qu'un stockage se dimensionne sur ce qu'il doit absorber, pas sur ce qu'il absorbe en général. Une moyenne lisse précisément l'événement qu'on cherche à mesurer.
Les relevés au quart d'heure figurent-ils dans le livrable client ?
Le livrable est une planche de synthèse par carrefour ; le détail au quart d'heure existe comme document interne, consultable pour justifier un chiffre sans encombrer la restitution.
Métiers voisins
Aux mêmes carrefours, le comptage directionnel donne les flux qui produisent ces files.
Voir les remontées de file du territoire de démonstration — données entièrement fictives.
